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Les génériques : mise au point

Un médecin peut-il prescrire en nom de molécule plutôt qu'en nom de marque (ex : paracétamol plutôt que Doliprane®) ?

Vrai.

Non seulement c'est autorisé mais c'est même recommandé ! On parle alors de prescription en Dénomination Commune Internationale (DCI). Ce nom "chimique" dégage le médecin de toute contrainte économique et commerciale et l'oblige à connaître exactement la composition chimique du médicament. Très efficace pour prévenir les effets indésirables liés aux intéractions médicamenteuses ! Pour le patient, c'est une sécurité accrue. On peut regretter que la prescription en DCI soit si peu courante en France, tandis qu'elle est quasiment la règle dans certains pays voisins. On compte moins de 13% de prescription en DCI en France contre... 81% au Royaume-Uni ! La DCI est en outre un langage universel qui rend intelligible une ordonnance partout dans le monde.

 

 

Si on nous pousse à la consommation de génériques, c'est juste parce que ça fait faire des économies à la Sécu...

Vrai.

L'Assurance Maladie est un acteur de santé responsable. Pour assurer la pérennité du système de protection sociale, l'Assurance Maladie s'est effectivement engagée, sous l'autorité du Ministère de la Santé, à réduire le montant des dépenses de santé. Et le générique y contribue.

 

... et faux.

Mais la qualité des soins reste le critère prioritaire de son action ! A qualité de traitement équivalente, l'Assurance Maladie préconise le recours au médicament le plus efficient (càd, le plus efficace au moindre coût) sans perte de chance pour le malade. La préférence accordée au générique tient aussi à sa durée d'exploitation sous sa forme brevetée - au moins 10 ans de commercialisation avant de tomber dans le domaine public et d'être génériqué. Cette longue période d'exploitation en fait des médicaments très sûrs car bien évalués : en 10 ans, on a eu le temps de détecter d'eventuels effets indésirables !

A noter : à contrario, un médicament nouveau peut obtenir une AMM après des essais de quelques mois seulement et sur un échantillon d'individus assez faible.

 

 

Si je refuse le générique que m'a prescrit mon médecin, je dois payer de ma poche la différence de prix avec le médicament princeps...

Vrai.

Le patient qui choisit le médicament princeps plutôt que le générique indiqué sur son ordonnance ne peut pas prétendre au tiers-payant en pharmacie. Il doit régler l'intégralité du médicament pour lequel il refuse la substitution. Ensuite, il devra voir directement avec l'Assurance Maladie pour se faire rembourser mais dans tous les cas il devra régler la différence de prix de sa poche, et ce, quelle que soit sa situation en regard de l'Assurance Maladie (CMU-C, ALD à 100% etc.).

 

 

Si les médicaments génériques avaient la même apparence que les médicaments de marque ça donnerait plus envie de les utiliser...

Vrai.

Depuis la loi du 29 décembre 2011, le générique est autorisé à copier l'apparence et la texture du médicament de marque (mais pas l'emballage). C'est un vrai progrès ! Dans la majeure partie des cas, le générique reproduit la forme galénique, le goût, la taille et la couleur du médicament princeps, mais pas dans tous les cas. Ce qui peut perturber certaines personnes, en particulier les personnes âgées.

 

 

Les génériques comporteraient des excipients pouvant provoquer des allergies...

Vrai.

Tous les médicaments, les princeps comme les génériques, contiennent des excipients.

 

... et faux.

Mais ce sont les mêmes excipients que l'on retrouve dans l'alimentation industrielle de tous les jours ! Il n'existe donc pas de raison particulière d'incriminer les génériques à ce sujet. Pour limiter les risques de réactions allergiques, les professionnelles de santé, comme les patients, peuvent d'ailleurs consulter la notice ou l'emballage du médicament. La présence éventuelle d'excipients à effet notoire (aspartam, lactose, huile d'arachide, amidon de blé, etc.) y est clairement indiquée.

 

 

Les génériques seraient fabriqués à bas coût dans des usines en Inde...

Faux.

L'idée que les médicaments génériques sont majoritairement fabriqués en Asie et en particulier en Inde est fausse. Selon une enquête récente sur l'origine de la production des laboratoires membres du GEMME*, 97% des spécialités génériques dispensées en France sont fabriquées en Europe et 55% en France. La délocalisation est donc essentiellement Européenne. Rappelons que ce sont souvent les mêmes firmes qui commercialisent princeps et génériques, issus des mêmes sites de production.

L'AFSSAPS inspecte l'ensemble de ces sites, dans et hors Europe, pour s'assurer de la qualité sanitaire de l'ensemble des médicaments génériques et princeps.

 

 

Les génériques ne seraients finalement pas moins chers...

Faux.

Le générique est généralement moins cher que le médicament princeps, car ce dernier est un médicament de marque. En France, le prix d'un médicament remboursé de marque et celui de son (ou ses) générique(s) ne sont pas libres. Ils sont déterminés par le Comité économique des produits de santé (CEPS) qui agit sur mission du Ministère de la Santé. Depuis le 1er janvier 2012, les professionnels (pharmaciens et grossistes) bénéficient d'une réduction de prix de 60% sur des génériques, qu'ils répercutent sur le consommateur, après déduction de leur marge. Au comptoir, le patient l'achète ainsi en moyenne 45% moins cher que son équivalent princeps.

 

 

Les génériques seraient des médicaments moins efficaces...

Faux.

Les génériques sont des médicaments comme les autres, régis par une réglementation particulièrement stricte. L'efficacité d'un médicament réside dans son principe actif. Dès lors qu'un générique est mis sur le marché, le laboratoire qui souhaite le commercialiser doit prouver par des essais protocolisés que son générique est bioéquivalent au médicament de référence ou princeps (càd qu'il contient non seulement les mêmes principes actifs que le médicament princeps mais que la concentration du médicament dans le sang est équivalente).

 

 

Les génériques seraient déconseillés dans le traitement de certaines maladies chroniques...

Faux.

Par principe de précaution, l'AFSSAPS conseille aux personnes traitées au long cours avec un médicament à marge thérapeutique étroite, de ne pas changer de marque de médicament sans en avoir parlé auparavant avec le médecin qui a établi la première prescription. Ce qui est déconseillé, donc, ce n'est pas le recours aux médicaments génériques, mais le changement de marque.

A noter : cette recommandation s'applique aussi au changement de marque entre médicaments princeps.

 


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